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Répartition du chauffage collectif en copropriété : comment ça fonctionne

Comment est réparti le chauffage collectif en copropriété ? Règle 70/30, individualisation des frais, obligations légales et exemple chiffré pour votre facture.

Delphine DuvalDelphine Duval 18 min de lecture
Répartition chauffage collectif : la règle des 70/30
Chauffage collectif ou individuel : quel impact pour la copropriété ?

En copropriété, les frais de chauffage collectif sont répartis selon la règle dite des 70/30 : 30 % en charges communes (chauffage des parties communes, entretien de la chaudière) et 70 % selon la consommation individuelle mesurée de chaque logement (TotalEnergies Services). Toutes les copropriétés à chauffage collectif doivent être équipées de répartiteurs de frais ou de compteurs thermiques individuels depuis la loi Énergie-Climat de 2019 (service-public.gouv.fr).

La répartition du chauffage collectif dans une copropriété obéit à une règle simple dans son principe mais semée d'embûches dans son application : 30 % de la facture est mutualisée entre tous les copropriétaires, 70 % dépend de votre consommation réelle. Ce mécanisme, souvent résumé sous l'appellation « règle des 70/30 », est encadré par l'obligation d'individualisation des frais imposée à toutes les copropriétés depuis plusieurs années. Reste que le type de réseau, la qualité des répartiteurs et les décisions du syndic influencent lourdement le montant que vous paierez à la fin de l'année.

Cette démarche soulève souvent la question : Est-ce qu'on paie le chauffage collectif ? pour mieux comprendre les différentes obligations.

Ce qu'est vraiment le chauffage collectif en copropriété

Un chauffage collectif repose sur une chaufferie centrale, installée le plus souvent au sous-sol de l'immeuble, qui produit de la chaleur pour l'ensemble des logements et des parties communes. La chaleur est acheminée par un réseau de canalisations vers chaque appartement, où elle est diffusée via des radiateurs, un plancher chauffant basse température ou des ventilo-convecteurs. Le combustible peut être du gaz, du fioul, de la biomasse, ou provenir d'un réseau de chaleur urbain.

Dans les faits, le chauffage représente 66 % de la consommation d'énergie des logements français. Ce chiffre, issu des données de l'ADEME (batizoom.ademe.fr, 2026), explique pourquoi la question de la répartition des charges est aussi sensible en copropriété : une facture mal répartie ne se chiffre pas en dizaines mais en centaines d'euros de différence par an.

L'installation produit généralement à la fois le chauffage et l'eau chaude sanitaire (ECS). Le comptage de l'ECS est le plus souvent individuel. La chaleur destinée au chauffage, elle, transite par un réseau dont la configuration technique détermine la précision : et donc l'équité : des mesures de consommation. C'est là que la distinction entre réseau monotube et réseau bitube prend toute son importance.

Chaudière, radiateur ou plancher chauffant : les équipements en jeu

Le générateur de chaleur : la chaudière : constitue le cœur du système. Dans les copropriétés récentes ou rénovées, les chaudières à condensation au gaz dominent, mais les pompes à chaleur collectives et les raccordements aux réseaux de chaleur urbains progressent rapidement sous l'impulsion de la réglementation environnementale.

Côté émetteurs dans les logements, on trouve trois configurations principales. Les radiateurs à eau chaude, d'abord, de loin les plus répandus. Le plancher chauffant, ensuite, qui fonctionne à basse température et offre un confort thermique homogène, mais rend l'individualisation du comptage plus complexe. Les ventilo-convecteurs, enfin, présents dans certains immeubles de standing. Le type d'émetteur détermine en partie le choix de l'appareil de mesure individuelle : un répartiteur de frais de chauffage se pose sur chaque radiateur, tandis qu'un compteur d'énergie thermique s'insère directement sur la canalisation d'alimentation du logement.

Chauffage collectif vs chauffage individuel : quel impact sur la répartition ?

En chauffage individuel, la question de la répartition ne se pose pas : chaque logement a son propre générateur (chaudière murale, PAC individuelle, convecteurs électriques) et paie exactement ce qu'il consomme. Le chauffage collectif inverse la logique : le coût total est d'abord agrégé au niveau de l'immeuble, puis ventilé entre les copropriétaires.

Ce système a un avantage structurel : il mutualise les coûts fixes (entretien, maintenance, remplacement de la chaudière) et négocie le combustible à une échelle plus favorable. Il a aussi un inconvénient : sans individualisation précise des consommations, les comportements vertueux d'un copropriétaire (baisse de la température, isolation renforcée) profitent mécaniquement à tous, ce qui peut décourager les efforts individuels. C'est précisément pour corriger ce biais que le législateur a rendu obligatoire l'individualisation des frais de chauffage. Pour approfondir le sujet, consultez notre article sur le fonctionnement complet du chauffage collectif.

La règle des 70/30 : base légale et mode de calcul

La ventilation de la facture de chauffage collectif repose sur le principe dit des « 70/30 ». Ce ratio n'est pas une convention d'usage mais une transposition en droit français de la directive européenne 2012/27/UE sur l'efficacité énergétique. Il est inscrit dans l'article R. 241-30 du code de l'énergie.

Concrètement, 30 % des coûts totaux de chauffage sont mutualisés entre tous les copropriétaires au prorata de leurs tantièmes de chauffage (ou, selon les immeubles, au prorata de la surface habitable). Ces 30 % couvrent l'entretien de la chaudière, la maintenance des installations, les pertes thermiques du réseau de distribution, le chauffage des parties communes, et plus généralement tous les frais fixes indépendants de votre comportement de consommation (TotalEnergies Services, services.totalenergies.fr, 2026).

Les 70 % restants sont répartis selon la consommation individuelle mesurée dans chaque logement. Le relevé est effectué par des répartiteurs de frais de chauffage (RFC) posés sur chaque radiateur ou par un compteur d'énergie thermique individuel installé à l'entrée du logement.

📌 Important : le règlement de copropriété peut prévoir une clé de répartition différente du ratio 70/30, à condition qu'elle ait été adoptée en assemblée générale avant l'entrée en vigueur des dispositions légales. Vérifiez ce que dit votre règlement avant de contester une facture.

Les 30 % de frais communs : ce qu'ils couvrent exactement

La part commune de 30 % agrège quatre postes de dépenses distincts. Le combustible nécessaire au chauffage des halls, couloirs et locaux collectifs en constitue le premier. L'entretien annuel de la chaudière et la maintenance préventive forment le deuxième. Les pertes thermiques du réseau de distribution : la chaleur qui se dissipe dans les canalisations entre la chaufferie et les logements : constituent le troisième poste. Les frais de relève et de gestion des appareils de mesure individuels ferment la liste.

Ce bloc de 30 % est ensuite réparti entre les copropriétaires au prorata des tantièmes de chauffage attribués à chaque lot dans le règlement de copropriété. Un logement de 80 m² au 5ᵉ étage peut ainsi payer une part commune plus élevée qu'un studio de 25 m² au rez-de-chaussée, même si leurs consommations individuelles sont identiques.

Les 70 % individuels : comment votre consommation est mesurée

La part individuelle est calculée à partir des relevés effectués par les appareils de mesure installés dans votre logement. Chaque appareil : répartiteur de frais de chauffage ou compteur d'énergie thermique : enregistre la consommation sur une période donnée, généralement un an. La relève peut être manuelle (un technicien passe dans les logements) ou, de plus en plus souvent, automatisée par télérelève radio.

Le montant qui vous est facturé résulte du rapport entre votre consommation mesurée et la consommation totale de l'immeuble. Si vous avez consommé 4 % du total des unités enregistrées sur l'ensemble des logements, vous paierez 4 % des 70 % de la facture globale. Le calcul est transparent dans son principe, mais il suppose que tous les appareils de mesure soient correctement étalonnés et positionnés. Un répartiteur mal paramétré ou posé sur un radiateur partiellement masqué par un habillage fausse le résultat.

L'individualisation des frais : une obligation légale pour toutes les copropriétés

Depuis le 25 mars 2018, toutes les copropriétés chauffées collectivement ont l'obligation d'équiper chaque logement d'un appareil de mesure individuelle. Cette obligation, codifiée à l'article L. 241-9 du code de l'énergie, a été renforcée par la loi n° 2019-1147 relative à l'énergie et au climat du 8 novembre 2019. Le service-public.gouv.fr (réf. F14745) le rappelle : « toutes les copropriétés chauffées ou refroidies collectivement doivent être équipées d'un appareil qui permet d'individualiser et réduire sa consommation ».

L'objectif du législateur tient en deux mots : responsabiliser et économiser. En rendant chaque copropriétaire financièrement comptable de sa propre consommation, la loi crée une incitation à modérer le chauffage, à programmer les thermostats et à isoler son logement. Les retours d'expérience montrent que l'individualisation des frais génère des économies d'énergie de l'ordre de 15 à 20 % à l'échelle de la copropriété. Pour un bilan complet des avantages et des limites, lisez notre article sur les inconvénients du chauffage collectif.

⚠️ Attention : une copropriété qui ne s'est pas mise en conformité s'expose à des sanctions. Le syndic engage sa responsabilité s'il ne soumet pas la question au vote de l'assemblée générale. Le non-respect de l'obligation peut être relevé lors d'un contrôle et faire l'objet d'une amende administrative.

Répartiteurs de frais ou compteurs thermiques : quelle différence ?

Deux technologies coexistent pour individualiser les consommations. Le répartiteur de frais de chauffage (RFC) est un petit boîtier électronique fixé sur chaque radiateur. Il mesure la différence de température entre la surface du radiateur et l'air ambiant. Le résultat est exprimé en unités sans dimension, converties ensuite en euros par un coefficient propre à chaque radiateur (puissance, dimensions, type). Les RFC sont économiques à l'achat (15 à 40 € par unité) mais leur précision dépend de la qualité de la pose et de l'absence d'obstruction.

Le compteur d'énergie thermique individuel, lui, s'installe sur la canalisation d'alimentation du logement. Il mesure précisément le débit et la différence de température entre l'eau entrante et l'eau sortante, et restitue une consommation en kilowattheures. Plus coûteux à l'installation, il est obligatoire dans les immeubles neufs ou en cas de remplacement complet de l'installation. Il est aussi le seul dispositif compatible avec le plancher chauffant, sur lequel on ne peut pas poser de répartiteur.

Que faire si votre copropriété n'est pas encore équipée ?

Premier réflexe : consultez le procès-verbal de la dernière assemblée générale. L'individualisation a-t-elle été votée ? Si oui, à quelle échéance ? Si non, adressez une question écrite au syndic pour demander l'inscription du point à l'ordre du jour de la prochaine AG. Vous pouvez également solliciter un devis auprès d'une société spécialisée (Ista, Techem, Engie Solutions, etc.) pour chiffrer l'opération.

Le coût d'installation varie selon la technologie retenue et la configuration de l'immeuble. Pour une copropriété de 20 logements équipés de radiateurs classiques, comptez entre 800 et 1 500 € par logement pour la pose de RFC avec télérelève, incluant le matériel, la main-d'œuvre et la mise en service. L'investissement est amorti sur 5 à 8 ans par les économies de combustible réalisées collectivement.

Cas pratique chiffré : à combien revient le chauffage collectif pour un appartement de 60 m² ?

Prenons une copropriété fictive de 15 logements, située en région parisienne, chauffée au gaz collectif. La facture énergétique annuelle totale s'élève à 18 000 € (combustible + entretien). Appliquons la règle des 70/30.

La part commune (30 %) représente 5 400 €. Cette somme est répartie entre les 15 copropriétaires au prorata des tantièmes de chauffage. Notre appartement de 60 m² détient 80 tantièmes sur un total de 1 000. Il paiera donc 80 ÷ 1 000 × 5 400 € = 432 € au titre des frais communs.

La part individuelle (70 %) s'élève à 12 600 €. Si notre logement, moyennement chauffé à 19 °C et correctement isolé, a consommé 6 % du total mesuré sur l'immeuble, sa quote-part individuelle est de 6 % × 12 600 € = 756 €. La facture annuelle totale pour ce 60 m² atteint donc 1 188 €, soit environ 99 € par mois.

Le même appartement, dans la même copropriété, chauffé à 22 °C en continu avec des fenêtres anciennes, pourrait représenter 10 % de la consommation individuelle totale. Sa facture grimperait alors à 432 € + 1 260 € = 1 692 €, soit un écart de plus de 500 € par an. La mesure individuelle n'est pas un gadget administratif. Elle pèse directement sur le portefeuille.

Tableau : répartition type des charges de chauffage collectif

Voici la ventilation détaillée pour trois profils de logements dans la même copropriété de 15 lots :

PosteStudio 25 m² (45 tantièmes)Appartement 60 m² (80 tantièmes)Appartement 90 m² (120 tantièmes)
Part commune (30 %)243 €432 €648 €
Part individuelle (70 %) : conso modérée504 €756 €1 008 €
Part individuelle (70 %) : conso élevée882 €1 260 €1 638 €
Total conso modérée747 €1 188 €1 656 €
Total conso élevée1 125 €1 692 €2 286 €

Ces montants sont indicatifs. Ils varient selon le prix du combustible, l'état thermique de l'immeuble, la zone climatique et le prestataire de maintenance retenu par le syndic.

Comment réduire sa part individuelle sans quitter la copropriété

Quatre leviers, actionnables individuellement, permettent de diminuer la facture. Installer des robinets thermostatiques sur chaque radiateur, d'abord : ils maintiennent automatiquement la température programmée pièce par pièce. Coût : 40 à 80 € par radiateur, posés. Isoler les points faibles du logement, ensuite : changement des joints de fenêtre, pose de survitrage, calorifugeage des tuyaux apparents.

Programmer les périodes de chauffe constitue le troisième levier. Baisser la température de 1 °C en permanence réduit la consommation d'environ 7 %. Enfin, ne pas masquer les radiateurs : un meuble placé devant un émetteur fausse le relevé du répartiteur et diminue l'efficacité de la diffusion de chaleur. Le répartiteur enregistre moins d'unités, ce qui peut sembler favorable sur la facture, mais vous aurez froid : et vous finirez par monter le thermostat.

Pour ceux qui cherchent des alternatives, un chauffage électrique économique pourrait être une option viable si la désolidarisation est approuvée.

Réglementation chauffage collectif : dates de mise en route et températures légales

Contrairement à une idée répandue, aucune date nationale ne fixe le jour exact d'allumage du chauffage collectif. La décision appartient au syndic, qui doit respecter le règlement de copropriété et les usages de l'immeuble. En pratique, la plupart des copropriétés enclenchent le chauffage entre le 15 octobre et le 1er novembre, et l'arrêtent entre le 15 avril et le 1er mai. Ces fourchettes ne sont toutefois que des repères : seul votre règlement de copropriété fait foi.

Le syndic peut avancer la date de mise en route en cas de vague de froid précoce, ou la retarder si les températures restent clémentes. En cas de désaccord persistant entre copropriétaires, la question peut être tranchée par un vote en assemblée générale. Pour les détails complets, lisez notre article dédié sur les règles de mise en route du chauffage collectif.

Température minimale réglementaire : ce que dit la loi

L'article R. 241-27 du code de l'énergie impose une température minimale de 18 °C au centre des pièces principales des logements lorsque le chauffage est en fonctionnement. Cette obligation pèse sur le syndicat des copropriétaires, pas sur le locataire ou le propriétaire individuel. Si la température descend durablement sous ce seuil dans votre logement alors que le chauffage collectif est en service, vous pouvez exiger du syndic qu'il fasse vérifier le bon fonctionnement de l'installation.

Aucune température maximale légale n'est fixée pour les logements. La réglementation thermique vise plutôt le bâtiment dans son ensemble via le diagnostic de performance énergétique (DPE). Un logement surchauffé ne constitue pas en soi une infraction réglementaire, mais il traduit un déséquilibre du réseau de distribution que le syndic a intérêt à corriger pour maîtriser la facture collective.

Qui décide de la date de mise en route dans une copropriété ?

Le syndic, mandaté par l'assemblée générale, est l'organe décisionnaire pour la gestion courante du chauffage collectif. Il fixe chaque année le calendrier de mise en route et d'arrêt, en s'appuyant sur le règlement de copropriété quand celui-ci précise des dates, ou sur les usages établis. Il peut consulter le conseil syndical, mais la décision finale lui appartient.

En cas de litige, un copropriétaire peut inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine AG pour faire voter une résolution modifiant les dates. La résolution doit recueillir la majorité simple (article 24 de la loi du 10 juillet 1965) sauf si elle modifie le règlement de copropriété, auquel cas la double majorité (article 26) s'applique.

L'erreur courante à éviter : croire que le réseau monotube garantit une mesure équitable

Dans un immeuble ancien équipé d'un réseau monotube, l'eau chaude circule en série d'un radiateur à l'autre sur une boucle unique. Le premier logement reçoit l'eau à 70 °C. Le dernier la reçoit à 55 °C. Pour obtenir la même température ambiante, le copropriétaire en bout de boucle doit ouvrir davantage son robinet, ce qui fait grimper artificiellement le relevé de son répartiteur de frais de chauffage.

Résultat : ce logement paie plus cher pour un confort identique, alors qu'il ne consomme pas davantage d'énergie utile. La situation est structurellement injuste et peut générer des écarts de facture de 15 à 25 % entre le premier et le dernier appartement de la boucle, à comportement de chauffage égal.

L'erreur classique consiste à contester ses charges devant le tribunal sans avoir d'abord identifié le type de réseau. Le juge ne corrigera pas un déséquilibre technique si les appareils de mesure sont conformes et correctement posés. Le vrai recours est collectif : demander au syndic une étude thermique du réseau et, si les écarts sont avérés, inscrire en AG le remplacement du monotube par un réseau bitube, seul capable d'alimenter chaque logement à température constante.

Réseau monotube vs bitube : pourquoi ça change tout pour votre facture

Le réseau bitube, standard dans les constructions postérieures aux années 1980, utilise deux canalisations distinctes : une conduite d'aller qui alimente chaque radiateur en eau chaude à la même température, et une conduite de retour qui évacue l'eau refroidie vers la chaufferie. Tous les logements sont traités de manière égale, et les répartiteurs de frais de chauffage mesurent une consommation réelle, comparable d'un appartement à l'autre.

Le réseau monotube, lui, fait circuler l'eau dans une seule canalisation en boucle. Chaque radiateur prélève une partie de la chaleur, et l'eau ressort plus froide pour le logement suivant. Ce système équipe encore de nombreux immeubles construits entre 1950 et 1980. Si vous habitez un logement en bout de boucle d'un réseau monotube, ne vous précipitez pas pour autant sur une demande de désolidarisation : la solution la plus équitable reste la transformation du réseau au niveau collectif, qui peut donner droit à des aides comme MaPrimeRénov' Copropriété.

Passer du chauffage collectif au chauffage individuel : conditions et démarches

Se désolidariser du chauffage collectif pour installer une chaudière individuelle est juridiquement possible mais techniquement exigeant. La loi du 10 juillet 1965 (article 25) soumet l'opération à un vote en assemblée générale à la majorité absolue (dite « majorité de l'article 25 »). Votre syndic doit inscrire la demande à l'ordre du jour, accompagnée d'un descriptif technique précis.

Deux conditions cumulatives sont requises. Le système individuel que vous installez ne doit pas compromettre le fonctionnement du chauffage collectif pour les autres copropriétaires. Vous devez également prendre en charge l'intégralité des coûts de dépose, de modification du réseau et de remise en état, y compris la quote-part des travaux sur les parties communes. Pour un bilan sans concession des limites du chauffage collectif, consultez notre article sur les inconvénients du chauffage collectif.

Désolidarisation individuelle : quand est-ce possible ?

La désolidarisation d'un seul logement est rarement accordée. Le syndicat des copropriétaires peut légitimement s'y opposer si le retrait déséquilibre le dimensionnement de la chaudière collective ou si le réseau traverse votre logement pour alimenter d'autres appartements. Un audit technique préalable est indispensable. Il doit démontrer que l'installation individuelle projetée (PAC air/eau, chaudière gaz à condensation, radiateurs électriques) est techniquement viable et ne génère pas de nuisances (bruit, rejet de fumées, vibration) pour le voisinage.

Même autorisée, la désolidarisation ne vous exonère pas totalement des charges de chauffage collectif. Vous restez redevable de votre quote-part des 30 % de frais communs (entretien chaudière, parties communes) tant que l'installation collective fonctionne pour le reste de l'immeuble. La facture baisse, mais elle ne disparaît pas.

Suppression totale du chauffage collectif : une décision collective

La suppression du chauffage collectif à l'échelle de la copropriété entière est une opération lourde. Elle nécessite un vote en AG à la double majorité (article 26), un audit thermique global, une étude de faisabilité technique et un plan de financement. Chaque copropriétaire devra ensuite installer son propre système de chauffage individuel, à ses frais.

Cette démarche est parfois envisagée dans les petites copropriétés où la chaudière arrive en fin de vie. Plutôt que de la remplacer par un équipement collectif neuf, les copropriétaires optent pour la dissolution de l'installation commune. Avantage : chacun retrouve une liberté totale sur son fournisseur d'énergie et ses équipements. Inconvénient : les économies d'échelle liées à l'achat groupé de combustible et à la maintenance mutualisée disparaissent. Le coût global pour l'ensemble des copropriétaires est souvent supérieur à une rénovation de l'installation collective existante.

Points clés

  • La facture de chauffage collectif est répartie à 30 % en frais communs et 70 % selon votre consommation individuelle mesurée.
  • Toutes les copropriétés à chauffage collectif doivent être équipées d'appareils de mesure individuelle (obligation légale).
  • Le type de réseau (monotube ou bitube) a un impact direct sur l'équité des relevés et donc sur votre facture.
  • Passer du chauffage collectif à l'individuel est possible mais nécessite un vote en AG et un audit technique.

Sources

Fiche pratique

Règle de répartition30 % frais communs (tantièmes) + 70 % consommation individuelle (relevés RFC/compteurs)
Base légaleDécret n°2012-545 du 23 avril 2012, loi n°2019-1147 Énergie-Climat
Dispositif de mesureRépartiteurs de frais de chauffage (RFC) sur radiateurs OU compteurs d'énergie thermique
ObligationIndividualisation obligatoire dans toutes les copropriétés à chauffage/froid collectif
Coût installation RFC150 à 300 € par logement (pose + 1ʳᵉ année de relève)
Température max légale19 °C dans les logements (art. R. 241-25 code de l'énergie)
Désolidarisation3 000 à 6 000 € pour un 60 m², vote AG art. 26 requis

Les indications fournies sont générales. Avant des travaux engageant la sécurité ou les normes, sollicitez un artisan qualifié (RGE, Qualibat, électricien).

Vos questions

Quelles sont les modalités de répartition du chauffage collectif en copropriété ?

Dans une copropriété à chauffage collectif, la facture est répartie selon la règle dite des 70/30. Les 30 % de frais communs couvrent l'entretien de la chaudière, les pertes de distribution et le chauffage des parties communes. Les 70 % restants sont répartis entre les copropriétaires au prorata de leur consommation individuelle mesurée par des répartiteurs de frais de chauffage ou des compteurs d'énergie thermique (TotalEnergies Services, 2026). Le règlement de copropriété peut toutefois prévoir des clés de répartition différentes pour la part commune.

Comment fonctionne le chauffage collectif dans les immeubles collectifs ?

Le chauffage collectif fonctionne grâce à une chaufferie centrale, généralement située au sous-sol de l'immeuble, qui produit de la chaleur pour l'ensemble des logements. Cette chaleur est distribuée via un réseau de canalisations (monotube ou bitube) jusqu'aux radiateurs ou planchers chauffants de chaque appartement. L'eau chaude sanitaire peut également être produite par la même installation. La température et les périodes de mise en route sont décidées par le syndic, dans le respect du règlement de copropriété et de la réglementation thermique.

Quelles sont les règles concernant le chauffage collectif en copropriété ?

La réglementation impose trois obligations principales. D'abord, l'individualisation des frais de chauffage : toutes les copropriétés à chauffage collectif doivent équiper chaque logement d'un appareil de mesure individuelle (répartiteurs ou compteurs thermiques), conformément au service-public.gouv.fr (réf. F14745). Ensuite, la température minimale à garantir dans les logements est fixée à 18 °C au centre des pièces principales. Enfin, la date de mise en route et d'arrêt du chauffage dépend du règlement de copropriété, aucune date nationale unique n'étant imposée par la loi.

Comment sont réparties les charges de chauffage collectif ?

Les charges de chauffage collectif sont réparties en deux blocs : une part fixe de 30 % correspondant aux frais communs (entretien, maintenance, pertes de réseau, chauffage des parties communes) et une part variable de 70 % calculée selon la consommation individuelle de chaque logement. La part commune est ventilée entre copropriétaires au prorata des tantièmes de chauffage. La part individuelle dépend des relevés effectués sur les répartiteurs de frais de chauffage ou les compteurs d'énergie thermique installés dans chaque appartement.